Mois de la Photo à Paris 2012

Small is beautifull

Commissaire : Agnès de Gouvion Saint-Cyr

Gabriela Morawetz - Galerie Thessa Hérold

Bernard Plossu - Galerie Camera Obscura

"L'oeil de Peter Knapp sur la photographie croate : Boris Cvjetanovic" - Cité intern. des Arts

Capucine Bailly - Cosmos Galerie

Moï Ver - Fondation Henri-Cartier Bresson

Jean-Baptiste Sénégas - Galerie de l'Hoôtel Lutetia

Philippe Guionie - Polka Galerie

Hannah Villiger- Centre culturel Suisse

Chrystèle Lerisse - Galerie Baudoin Lebon

"Small is beautiful part II" - Galerie Françoise Paviot

La visite du musée de Arte Antiga de lisbonne qui expose un admirable portrait de l’infante Mariana d’Autriche, fille du roi d’espagne Philippe iV, peint par Velásquez, est riche d’enseignement sur la question du format des œuvres. en effet, si ce tableau présente toutes les qualités de composition, de lumière et d’audace que l’on retrouve dans les portraits de cour classiques du Maître, si les atours et le décor sont identiques, ses dimensions modestes contrastent profondément avec celles des Ménines par exemple ou celles du portrait en pied du roi d’espagne.

Et là se pose la question de la destination des œuvres d’art car, en fait, le portrait de Mariana était destiné à voyager, de Madrid à Vienne, pour que la famille des habsbourg puisse connaître ses parents espagnols, et ce dans le cadre du cercle familial, tandis que les portraits en pied, à vocation officielle, soulignaient la majesté et la puissance du souverain.

On retrouve sensiblement la même situation en photographie ; ainsi dès les origines, les cartes de visite permettent de conserver par devers soi et de transporter l’image des personnes aimées ; puis l’évolution de la photographie, passant d’un état d’épreuve documentaire à celui d’œuvre d’art, a provoqué une modification substantielle du format des œuvres pour des raisons d’ordre esthétique mais aussi économique. Ainsi ces vingt dernières années, alors que le grand format qualifie de « tableau » l’œuvre photographique, un certain nombre de créateurs ont souhaité poursuivre leur travail en réalisant des épreuves de dimensions modestes.

À cela plusieurs raisons, la première sans doute, parce qu’ils sont sensibles au côté matriciel d’un tirage par contact qui s’approche au plus près du format de la prise de vue, dans toute sa pureté, sans recadrage et parfois avec ses maladresses, mais qui permet en outre de mieux comprendre l’intention de l’auteur. Puis certains sujets tels que la photographie de tendance autobiographique ou contemplative, les recherches liées à une approche poétique, là où le sensible demeure au cœur de l’œuvre, le travail au Polaroïd, appellent des épreuves de petit format, comme celles que l’on peut trouver dans un cabinet de curiosités.

Il est clair que tous ces travaux ont une relation très forte avec la prise de notes quotidiennes, véritables croquis contemporains, qui font œuvre eux-mêmes ou suggèrent l’œuvre à venir, à l’exemple des polaroïds d’hannah Villiger. d’autres œuvres, tels les daguerréotypes de Jules itier sur la Chine, sont contraints par le format de la plaque elle-même, alors que des artistes contemporains comme Jean-baptiste sénégas, recherchent cette contrainte comme principe de création.

le format révèle en outre souvent l’usage auquel sont destinées les épreuves, et il n’est rien de plus émouvant que d’imaginer ilse bing ou stéphane duroy disposer méticuleusement ces œuvres pour constituer la maquette de leurs ouvrages.

Par ailleurs, d’autres artistes, telles Capucine bailly ou Christèle lérisse, lasses de voir le monde au travers du prisme de l’œuvre-tableau, déclinent leur univers sensible au moyen d’images simples, familières et personnelles.

Enfin, qu’il s’agisse des travaux de Masao Yamamoto, de bernard Plossu, de sarah Moon ou des dernières recherches de Véronique ellena, tous relèvent de l’intime.

Liste des expositions