Mois de la Photo à Paris 2012

Chantal Stoman

Lost Highway, A Photo Project

18 octobre 2012 - 30 novembre 2012

Cité de l’Architecture et du Patrimoine

1, place du Trocadéro-et-du-11-Novembre, 16e.

www.citechaillot.fr

Tel.: +33 1 58 51 52 27


Métro : Trocadéro
Tous les jours : 11 h – 19 h
Nocturnes les jeudis : jusqu’à 21 h
Fermé le mardi
Entrée libre


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Chantal Stoman, Tokyo, Lost Highway, 2008 © Chantal STOMAn

Il n’y a qu’une nuit, il n’y a qu’une ville, il n’y a qu’une seule route.

Le long du highway, la nuit défile. Insomniaque et fragile. Rendue invisible par la tôle et la vitesse de mon véhicule, je m’invite là où on ne m’a pas invitée.
Protégée par la discrétion de la nuit, je surprends en un éclair les habitants chez eux. Je dîne à leur table, je regarde leur télé, je couche dans leur lit. Soudain, leur intimité si rare et précieuse m’est simplement offerte. Telle une invitation muette, je suis avec l’Autre. Je guette mes anonymes intimes. Ils sont bien plus que l’histoire qui les contient. Ils sont ces millions de solitudes qui forment le cœur des cités.

À Tokyo ou au Caire, à São Paulo ou Hong-Kong, mais encore à Bombay et Calcutta, j’entame un dialogue au cœur de la nuit. Comme sur un ring, je monte sur ce highway pour saisir des échantillons de vie. Des photographies donc, en noir et blanc, prises au vol, depuis le flyover qui traverse la ville. Contre la nuit ignorante, en suspens, une multitude de fenêtres éclairées, comme autant de promesses. Elles me dévoilent des micromondes, simples ou surchargés, débordants ou solitaires : ce je ne sais quoi recherché au fil des highways.

Lost Highway raconte cette part commune à toutes les grandes cités, là où les frontières n’existent plus. Les familles sont du même amour, les solitudes de la même violence sourde, les attentes de la même lenteur : mêmes soupirs d’un langage universel. Il n’y a qu’une nuit, il n’y a qu’une ville, il n’y a qu’une seule route.

Chantal Stoman