Mois de la Photo à Paris 2012

Small is Beautiful. Part II

Anna et Benrhard Blume, Walker Evans, Bogdan Konopka, Ian Paterson…

10 novembre 2012 - 22 décembre 2012

Galerie Françoise Paviot

57, rue Sainte-Anne, 2e.

www.paviotfoto.com

Tel.: +33 1 42 60 10 01 


Métro : Pyramides ou Quatre-Septembre
Du jeudi au samedi de 14 h 30 à 19 h
Entrée libre


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Anna et Benrhard Blume, Polaroids, 1987.

[...] tout cela qui prend forme et solidité, est sorti, ville et jardins, de ma tasse de thé.”?
Marcel Proust, Du côté de chez Swann, 1913

Parler de taille en photographie recouvre des?enjeux qui vont bien au-delà d'une simple histoire généralement exprimée en centimètres. L’objet?de cette exposition est d’en donner un aperçu?à l'aide de cinquante photographies soigneusement choisies et mises au mur, qu’elles soient anciennes, modernes ou contemporaines.?Aux débuts de la photographie, il n’était guère possible de décider du format et de rivaliser avec les peintures qui, dans les salons, prenaient des dimensions?de plus en plus gigantesques. Les photographies devaient se contenter de la taille du support de la prise de vue. Faute d’agrandisseur, il fallait en rester là?ou photographier à nouveau l’image à l’aide d’un appareil aux dimensions supérieures. De plus, chaque photographie était onéreuse, ce qui explique en grande partie le succès des images cartes de visite d’Adolphe Disdéri, aux dimensions réduites. En même temps que ces petits portraits se popularisaient, ?c’est tout le marché de la miniature qui disparaissait, cédant la place à la chambre noire qui, à son tour, prenait en charge cette réduction obligée de notre vision pour la transformer en image. Plus tard, dans les années 1930, le photomaton prit la relève et reste utilisé de nos jours – certaines pièces anciennes sont désormais des objets de collection.

Mais, dans la question des formats, il y a bien?plus que des contraintes techniques. L’appareil photographique, comme notre œil, joue avec?l’échelle du monde dont l’immensité contrarie notre capacité naturelle à l’embrasser. Un panorama peut se livrer en quelques centimètres, tout un paysage sait se concentrer dans l’intimité d’une petite surface. À l’inverse, un détail microscopique, invisible à l’œil nu, peut nous être révélé par une image.?Au fur et à mesure des progrès techniques,?les photographes jouissent d’une liberté de plus en plus grande dans le choix du format des tirages et?en revendiquent l’esthétique. Certains s’orientent?vers des images aux très grandes dimensions. D’autres, comme Bogdan Konopka ou Ian?Paterson, s’expriment à l’aide de toutes petites images, renonçant parfois à l’agrandisseur pour?se contenter d’un simple tirage par contact. Il reste que durant toute la première moitié du xxe siècle? des considérations économiques ont continué de s’imposer, avec ainsi les tirages format “carte postale” d’André Kertész, devenus malgré leur taille modeste, les plus cotés sur le marché.?Quelle qu’elle soit, la dimension du tirage est un élément primordial pour la vie et l’esthétique d’une image. Espace privilégié des métamorphoses – entre format de la prise de vue, format du cadrage et format du tirage –, les photographies mettent ainsi en jeu toute sa plasticité.?

Françoise Paviot