Mois de la Photo à Paris 2012

Jesse A. Fernández

De La Havane à Paris
Tours et détours

14 novembre 2012 - 28 février 2013

Maison de l'Amérique Latine

217, boulevard Saint-Germain, 7e.

www.mal217.org

Tel.: +33 1 49 54 75 00


Métro : Solferino ou Rue-du-Bac
Du lundi au vendredi de 10 h - 20 h
Samedi : 14 h – 18 h.
Entrée libre


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Jesse A. Fernandez, Ronald B. Kitaj, Londres, 1978 © ESTATE JESSE A. FERNA?NDEZ / COLL. FRANCE MAZIN FERNANDEZ

Jesse A. Fernández est également peintre, mais c’est ?le photographe qui est ici mis en avant. Son parcours l’emmène de Cuba à la France, via les États-Unis. L’Amérique du Sud et la Caraïbe ne sont jamais très loin, ni même l’Espagne, et l’œuvre tisse des liens avec toutes ces cultures.

Ce sont particulièrement les villes qui attirent Fernández : La Havane, New York, Madrid et Paris,? où se concentrent des personnalités artistiques et littéraires de premier plan. Ses photographies sont autant de restitutions de rencontres avec des écrivains, des peintres, des musiciens, des danseurs ou des comédiens, et témoignent d’affinités avec leurs univers. Si l’œuvre concerne en premier lieu Cuba, d’avant et pendant la révolution castriste, ce n’est pas dans l’île que débute la carrière de Fernández. Après des études de peinture, il commence à photographier en Colombie en 1952, puis parcourt l’Amérique du Sud. De retour?à La Havane, il signe pour la presse des images documentaires politiques, sportives et du monde du spectacle. Il fixe dans son objectif la figure émergente de Fidel Castro. Le parcours de Fernández s’achèvera en France où il s’installe en 1977. Il décède en 1986.

Le genre qui l’emporte est celui du portrait en situation (l’artiste ne prête aucun intérêt au portrait) : prises de vue sur les lieux de travail et?de création, devant la page blanche, dans l’atelier, mais aussi dans l’environnement au milieu duquel l’écrivain, l’artiste aime passer son temps, faire?des rencontres ou au contraire s’isoler. Attiré par?le spectacle de la rue, Fernández arrête souvent son regard sur la surface des murs et les signes qui les ornent, choisissant ceux-ci comme toile de fond pour ses portraits. Pensée pour l’essentiel en noir et blanc, sa photographie compose avec la lumière naturelle. S’il privilégie souvent dans ses images le graphisme, la géométrie et le rendu des matières, c’est sans doute parce qu’il pose sur le monde un œil de peintre imprégné des mouvements abstraits?de la seconde moitié du xxe siècle. Et si les rencontres avec les grands écrivains de son temps sont aussi nombreuses, c’est parce que la littérature compte autant pour lui que l’expérience artistique. Toutes ces passerelles font la richesse d’une œuvre originale et inclassable.

G. B.

Commissariat : Juan Manuel Bonet et Gabriel Bauret