Mois de la Photo à Paris 2012

Moussa Sarr

16 novembre 2012 - 30 novembre 2012

Galerie Martine et Thibault de La Châtre

4, rue de Saintonge, 3e.

www.lachatregalerie.com

Tel.: +33 1 42 71 89 50


Métro : Rambuteau ?ou Saint-Sébastien-Froissart
Du mardi au samedi : 11 h – 19 h
Entrée libre


Plan sur Google maps Ajouter à ma sélection

© Moussa Sarr. Posture

C’est l’agitation vaine d’une mouche prise au piège d’un destin auquel elle ne saurait se résoudre. Les combats sont-ils fatalement perdus d’avance ? Ne reste-t-il qu’à en rire ? Mais où sont nos super-héros ?

Vidéaste-photographe-performeur, acteur et sujet principal de ses œuvres, Moussa Sarr dresse là une iconographie à la fois grave et burlesque qui témoigne d’une mythologie personnelle et d’histoires universelles comme autant de tragi-comédies pointant le drame des mascarades humaines et mettant à l’épreuve les corps à la fois intime, social et politique. Figures allégoriques, instincts animaux, postures irrévérencieuses : les œuvres de Moussa Sarr se présentent comme des fables sans morale dont lui- même ignore la fin. La chute, ambiguë, nous laisse libre d’arbitrer.

Qui se cache derrière ces représentations ? Personne ? un Noir ? un Corse ? Du moins un jeune artiste qui fait le pari prétentieux de l’art comme moyen d’engagement, d’alerte des consciences et d’appel à l’insoumission, qui adopte comme “grand pouvoir” le langage artistique, faisant sienne la phrase-culte du vengeur masqué Spiderman : “Tout grand pouvoir implique une grande responsabilité.” Ces représentations révèlent un questionnement sur l’exercice du pouvoir et les batailles qu’il suppose, une critique assumée vis-à-vis des conséquences des préjugés sur les races, les sexes ou les castes, ces maux symptomatiques de notre époque en proie à la crise des valeurs et des représentations individuelles, sociales ou communautaires, et en mal de justiciers... Moussa Sarr présente ici un travail ancré dans la dérision et aux résonances d’autant plus criantes que notre temps connaît des révolutions, une montée des extrêmes et un état d’urgence face à une multitude de changements. Zorro des arts à minorité visible, Spiderman des causes en marge dont nous demeurons seuls juges, l’artiste, dans cette exposition, nous provoque en duel à travers des propositions plastiques qui interpellent de façon incisive notre aptitude au silence, à la riposte ou à la résistance.

Leïla Quillacq