Mois de la Photo à Paris 2012

Manuel Álvarez Bravo

Un photographe aux aguets, 1902 - 2002

16 octobre 2012 - 20 janvier 2013

Jeu de Paume

1, place de la Concorde, 8e.

www.jeudepaume.org


Métro Concorde
Lundi : jour de fermeture
Mardi (nocturne) : 11 h – 21 h
Mercredi à dimanche : 11 h – 19 h
Mardis Jeunes : entrée gratuite
PT : 8,5 € / TR : 5,5 €


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Manuel Alvarez Bravo, El Color, 1966 COLLECTION COLETTE URBAJTEL / ARCHIVO MANUEL ALVAREZ BRAVO, S. C. © COLETTE URBAJTEL / ARCHIVO MANUEL ALVAREZ BRAVO, S. C.

Loin des stéréotypes d’un surréalisme exotique et d’une vision “folklorique” de la culture mexicaine, cette exposition restitue une vision contemporaine du travail de Manuel Álvarez Bravo (Mexico, 1902-2002), un photographe mexicain bien connu du public français. Développée durant huit décennies, cette œuvre photographique constitue un jalon essentiel de la culture mexicaine du XXe siècle. À la fois étrange et fascinante, elle a souvent été perçue comme le produit imaginaire d’un pays exotique, ou comme une dérive excentrique de l’avant-garde surréaliste.
L’exposition veut dépasser ces lectures. Sans nier ?le lien avec le surréalisme ou les clichés liés à la culture mexicaine, cette sélection de cent cinquante images met en lumière un ensemble de motifs iconographiques : reflets et trompe-l’œil de la métropole ; corps gisants, réduits à de simples masses ; volumes de tissus laissant entrevoir des fragments de corps ; décors minimalistes à l’harmonie géométrique ; objets à signification ambiguë...
L’exposition dévoile des aspects peu connus de la photographie de Manuel Álvarez Bravo, d’une pertinence et d’une actualité remarquables.? Les images se muent en symboles ; les mots se font images ; les objets agissent comme des signes ; les reflets se transforment en choses. À la manière?de “syllabes” graphiques, ces thèmes reviennent de façon récurrente dans sa production photographique, de la fin des années 1920 au début des années 1980, imprimant à l’œuvre une intention et une structure ?du regard éloignées de la rencontre fortuite du “réel merveilleux” mexicain. Cette production constitue un discours poétique à part entière, autonome et cohérent, patiemment élaboré au fil du temps.
Or c’est précisément le temps qui donne son unité au tissu imaginaire de la photographie d’Álvarez Bravo. Derrière ces images poétiques et troublantes, telles des hiéroglyphes, se cache une intention cinématique qui rend compte de leur qualité formelle et de leur nature séquentielle : ces photographies ne pourraient-elles pas être perçues comme des images fixes d’un film ? L’exposition suggère cette hypothèse en confrontant ses images les plus célèbres à de courts films expérimentaux des années 1960 tirés de ses archives familiales. Sont également exposées une série d’images tardives à caractère cinématique et une sélection de tirages couleurs et de polaroïds.
En dévoilant le processus d’expérimentation du photographe, ce projet montre que la qualité poétique de ses images procède d’une recherche permanente autour de la modernité et du langage. Sujette? à l’ambiguïté sémantique, mais sous-tendue par une syntaxe graphique forte, cette photographie propose une synthèse unique de l’expression locale mexicaine et du projet moderne. L’œuvre d’Álvarez Bravo illustre bien la construction multiple du modernisme à partir, non plus d’une pratique centrale, mais d’une pluralité de visions, de poétiques et d’arrière-plans culturels.

Exposition organisée par le Jeu de Paume, Paris,? et la Fundación MAPFRE, Madrid,? avec la collaboration de la Fundación Televisa, Mexico.

Commissariat : Laura González Flores et Gerardo Mosquera