Mois de la Photo à Paris 2012

Enfances

Raymond Depardon, Edouard Boubat, Paul Almasy, Yvette Troispoux, Jacques-Henri Lartigues…

15 octobre 2012 - 30 novembre 2012

Galerie Photo Fnac des Ternes/ Forum des Rencontres (niv.4)

26-30, avenue des Ternes, 17e.

Tel.: +33 1 55 21 54 18


Métro : Ternes
Du lundi au samedi : 10 h – 20 h
Entrée libre


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Michelle Vignes. Temple du Saint- Esprit Berkele

Depuis l’invention de la photographie au XIXe siècle? la représentation de l’enfance, volontiers calquée sur la tradition picturale classique qui en a fait un thème privilégié, a séduit aussi bien les amateurs que les professionnels. Au fil des ans, ceux-ci ont composé?les albums de famille, orné les murs des salons, puis enrichi les magazines de ces images d’enfants, preuves émouvantes, voire accablantes, de l’inexorable fuite ?du temps.? Assez curieusement, l’examen de la collection de ?la Fnac ne révèle pas une omniprésence de cette problématique, mais chaque œuvre y est riche d’enseignement quant à son époque, son style ou les circonstances de la prise de vue. On y retrouve les archétypes de la relation entre la mère et son enfant : enfant au sein de Tina Modotti ; douce lumière qui, pour Denise Colomb, unit la mère, son enfant et le berceau ; bras maternels protecteurs chez Édouard Boubat, Michelle Vignes ou Yvette Troispoux... Toutefois, si ces photographies évoquent avec poésie et tendresse la nostalgie d’un passé fragile, elles soulignent aussi que cet âge tendre peut subir les violences de la guerre, de la solitude ou de l’abandon. Pour un enfant au cerisier, combien de petites victimes en Afghanistan ou à Berlin, que de misère relevée par Paul Almásy en Colombie ou Sebastião Salgado en Amérique latine ? Et même si ce dernier propose deux œuvres à la composition identique?– portraits frontaux de communiantes brésiliennes et de petits Équatoriens –, les tonalités opposées, dominante blanche pour les unes, noire pour les autres, traduisent la même solitude empreinte de tristesse.? Les jeux simples des enfants narrés sous toutes ?les latitudes par Willy Ronis, Sabine Weiss, Claudine Doury ou Martine Voyeux, puis les farces d’écoliers présentés par Édouard Boubat, Marc Riboud?et Jacques Lartigue annoncent bientôt la fin du temps de l’innocence et l’entrée bien trop rapide dans le monde adulte. Alors les cours de récréation se transforment, selon Valérie Winckler, en champ de lutte, et tandis ?que Claude Batho met en exergue la trop grande? sagesse de l’enfant au tablier, adulte avant l’âge, Jean- Philippe Charbonnier oppose volontiers les enfants sages au jeune cancre et Josef Koudelka laisse deviner l’adolescent sous la tenue de l’ange. ?Enfin, selon Lucien Hervé, le déchirement de la séparation puis l’émerveillement inquiet du voyage mettent bientôt un terme à cette période empreinte trop souvent de nostalgie.

Commissariat : Agnès de Gouvion Saint-Cyr