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Mois de la Photo à Paris Novembre 2010 Berlin Brastislava Luxembourg Moscou Paris Rome Vienne

Paris collectionne


Jean-Luc Monterosso
Directeur artistique

Affiche réalisée par Vik Muniz

Faire dialoguer des collections, tant publiques que privées, et à cette occasion, montrer des œuvres inédites ou rarement vues, susciter au sein d’expositions confrontations et échanges, opérer des rapprochements inattendus, tel est le formidable pari engagé par ce Mois de la Photo qui, une fois encore, mobilise à Paris musées, centres culturels et galeries.

La collection de la Maison européenne de la Photographie, riche de plus de vingt mille œuvres contemporaines, est, le temps d’un festival, mise à la disposition de tous. Présentée hors les murs, en regard d’autres œuvres, elle s’offre ainsi au public dans sa diversité et sa singularité. Chacun, conservateur, directeur d’institution ou galeriste est venu emprunter, là un rare “vintage”, ici un ensemble cohérent encore jamais exposé (comme la donation Harry Callahan faite par l’auteur à la mep et présentée à la Fondation Henri-Cartier-Bresson), ou encore, à l’Institut culturel italien, quarante tirages de Mario Giacomelli.

Cette diffusion momentanée et inhabituelle d’une collection publique dans plus de cinquante lieux a donné naissance à de nouveaux désirs : révéler des fonds d’archives, confronter le tirage original à sa reproduction, et montrer, comme le fait le célèbre éditeur Gerhardt Steidl à la Monnaie de Paris, toutes les étapes qui conduisent à la page imprimée et au livre d’artiste, ou encore, comme à la galerie Agathe Gaillard, à partir de la magnifique – mais accidentelle – photographie de Jean-Philippe Charbonnier, L’Enfant flou, conservée à la mep, choisir son équivalent dans l’œuvre d’autres photographes, pour constituer, à partir de ces “cadeaux du ciel et de l’inconscient”, une stimulante exposition. Ainsi, au-delà d’un anniversaire, celui des trente ans du Mois, c’est à un véritable déploiement d’énergie, d’intelligence et de recherche que nous convie cette nouvelle édition.

Mais le Mois de la Photo 2010 marque aussi une nouvelle étape. Alors que la photographie connaît, avec l’irruption du numérique, un des plus grands bouleversements de son histoire, ce festival de l’argentique offre avec splendeur un panorama de tout ce qui a nourri à ce jour l’éternelle jeunesse d’un art accessible à tous et profondément ancré dans son époque. Pour s’en convaincre, il suffit de jeter un regard sur cette France d’aujourd’hui photographiée par les quatorze jeunes photographes choisis par Raymond Depardon et qui partagent avec lui la même éthique et la même rigueur. A travers l’œuvre de Mohamed Camara, de Didier Ben Loulou ou encore des nouvelles générations de photographes suédois, finlandais, hongrois ou roumains, ce parcours de la mémoire passée se mêle à celui de la mémoire future.

Autour du thème de l’extrême, la Maison Européenne de la Photographie fait la part belle non seulement aux grands noms de sa collection : Pierre Molinier, Robert Mapplethorpe, Andres Serrano, Joel Peter Witkin..., mais aussi à des œuvres plus récentes ou produites à cette occasion, comme celle du jeune Brésilien Rodrigo Braga ou de l’écrivain Pierre Notte.

Cette programmation serait cependant incomplète sans les tables rondes, débats et colloques, comme à la Maison de l’Amérique latine qui réunira autour de son exposition les éditeurs latino-américains, à l’Institut culturel italien, ou encore la conférence accompagnant l’exposition Heinrich Kühn du musée d’Orsay.

Avec ses cinquante-huit expositions et ses animations, cette seizième édition présentera ainsi au grand public des événements exceptionnels, dont l’objectif reste toujours de partager, dans cette Ville lumière berceau de la photographie, émotions, plaisirs et découvertes.