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Didier Ben Loulou

Athènes, les gens du voyage

02 November 2010 - 31 December 2010

Hagalleria

www.hagalleria.com

25 rue Dauphine (sur cour), 6e.

Tel.: +33 01 43 54 82 53

Mº: Odéon ou Pont-Neuf.
Ouvert du mardi au samedi de 14h à 18h.
Entrée libre.

© Didier Ben Loulou. Courtesy Hagalleria

Didier Ben Loulou mène depuis plusieurs années, à Athènes, une recherche dont
sa nouvelle série de photographies est le résultat. Bien que sa démarche s’inscrive profondément dans le réel, il demeure fidèle à son inspiration première, refusant de travailler dans l’immédiat et l’urgence, récusant même l’idée de reportage.
Depuis plusieurs années il arpente ce haut lieu de civilisation pour y entrevoir les restes de l’Attique ancienne tout en confrontant celle-ci à la modernité. Il fait de la pollution, de la destruction, de l’immigration de masse les véritables enjeux d’une mise en perspective qui va des ruines antiques à ces nouveaux territoires sur lesquels vivent et travaillent des populations d’immigrés qui côtoient les gens du voyage. Ce sont des centaines de milliers d’êtres qui n’ont d’autre choix que de s’installer à la périphérie d’Athènes, troquant, vivant de petits métiers, servant de main-d’œuvre facile et interchangeable à toutes les mafias. Ils représentent une population de plus en plus nombreuse, parallèle, mouvante, difficile à identifier tant au plan humain qu’au plan économique. Ces êtres déracinés par les guerres, les famines, le réchauffement climatique sont les nouveaux nomades de nos sociétés. Ces “gens du voyage”, ces nouveaux migrants, réfugiés de l’Histoire en marche, se mélangent aux habitants les plus pauvres et les plus démunis. Ils ne possèdent plus en propre pour survivre qu’un corps corvéable. Cette rupture radicale, profonde, s’opère à une vitesse vertigineuse ; elle a pour visage la honte, l’errance et le déracinement. La ville d’Athènes, lieu par excellence de civilisation et de culture, est devenue une sorte de paradigme de cette mutation radicale. Didier Ben Loulou en fait un nouveau domaine d’enquête, davantage social, propice à une exploration de la “marchandisation” des êtres et des corps, de l’exil, de l’errance et de la pauvreté. Comme à Jaffa (1983-1989), à Jérusalem (1991-2006), le photographe n’a de cesse de questionner les mythes fondateurs des villes en confrontant ceux-ci à l’incertitude et à la fragilité du monde moderne.
Didier Ben Loulou réalise ses projets à l’atelier Fresson. Lauréat de la Villa Médicis, il a été boursier du FIACRE (Fonds national d’art contemporain) et a été récompensé par la European Association for Jewish Culture. Ses œuvres sont régulièrement exposées en Europe et aux Etats-Unis et font partie de nombreuses collections publiques et privées.