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François Méchain

Le fil 1980-2010

05 November 2010 - 18 December 2010

Galerie Michèle Chomette

24 rue Beaubourg, 3e.

Tel.: +33 01 42 78 05 62

Mº : Rambuteau ou Hôtel de Ville.
Ouvert du mercredi au samedi de 14h à 20h et sur rdv.
Entrée libre.

© François Méchain. Courtesy Galerie Michèle Chomette

De La Mer triptyque 1984 aux Murs 2009-2010, un fil tendu : entre la sculpture, mise en demeure d’existence photographique, et la photographie, traitée comme sculpture du monde. A travers les continents, d’un forage et d’une érection à l’autre, ce fil vibre de l’histoire des lieux, de l’histoire de l’homme, de l’histoire des formes, et déploie un arc plastique bandé par l’idée source de chaque projet, puis par le corps qui le met en œuvre, en pleine nature comme à la butée des villes. François Méchain est ancré à la terre, celle qui nourrit la vie, reçoit la mort, et donne les meilleures leçons d’échelle et d’humilité aux artistes ; c’est d’elle qu’il a longtemps et exclusivement prélevé les matériaux bruts, alliant végétal et minéral, de ses sculptures, inscrites sur site comme autant d’actes paysagers éphémères, avant qu’elles ne retournent à la nature, tandis que la photographie, pour le point de vue de laquelle il les avait bâties, les immortalisait sous un autre statut artistique. Depuis quelques années cependant, François Méchain a élargi le champ, celui du sens et de la finalité comme celui des matériaux, avec des installations in situ relevant d’un art plus critique et plus politique. Le fil tend l’arc, des flèches en jaillissent avec pertinence de visée et justesse de tir, quelles que soient la faute, la faille, l’ineptie mises en cause par François Méchain, qu’elles soient planétaires, nationales ou tout simplement humaines, qu’elles appartiennent à l’histoire ou détériorent le présent.
François Méchain est un artiste déterminé, agissant sur les sites appropriés pour prendre parti via des dispositifs simples, à portée de lecture par tout un chacun. L’acte, la présence plastique relèvent toujours de la sculpture, mais les matériaux sont autres, empruntés au quotidien (containers, lames de couteau, chaises, échelles), le discours est plus radical, plus monolithique, parfois moins poétique, mais il fait bloc, bloc de sens qui frappe et force à réfléchir. L’artiste est passé de l’attitude au questionnement, puis aux prises de position. Et la photographie, où se situe-t-elle ? Alors qu’elle provoquait, innervait, catalysait ses travaux sur site de 1980 à 2005, tout en lui demeurant indispensable, elle est plutôt pour les plus récents un accompagnement, un organe de transmission visuelle apte à câbler davantage de regards, donc de consciences, par l’exposition et le livre.