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Mac Adams

09 November 2010 - 30 November 2010

Galerie Serge Aboukrat

7 place Furstemberg, 6e.

Tel.: +33 01 44 07 02 98

Mº : Saint-Germain-des-Prés ou Mabillon.
Ouvert du lundi au vendredi de 15h à 19h.
Entrée libre.

© Mac Adams. Courtesy Galerie Serge Aboukrat

Dès la fin des années 1960, Mac Adams renouvelle la photographie “narrative”
avec la série de photographies en noir et blanc intitulée “Mysteries” représentant des scènes de crimes, dont les indices laissés par l’artiste peuvent être interprétés de façon contradictoire par les spectateurs. C’est en effet moins la lecture linéaire d’une enquête policière qui intéresse Mac Adams qu’une histoire ouverte générant différentes interprétations possibles.
Dans la série de photographies couleur “Postmodern Tragedies” (1986-1989), Mac Adams fait apparaître des images d’agressions violentes dans le reflet d’objets chromés au design clinquant. “Ces œuvres constituaient en partie une réponse à ce que j’avais vu arriver au Royaume-Uni et aux USA à l’époque des politiques économiques de Reagan et Thatcher. Je ne suis pas un photographe documentaire, mais je voulais voir si j’étais capable de construire une situation susceptible de refléter les conditions politiques et les contradictions de l’époque. J’ai commencé à créer ces collisions hybrides entre tragédies sociales et ustensiles de designers. Les objets chromés reflétés étaient photographiés sur une surface de papier homogène, comme des publicités utopistes conventionnelles impliquant un espace neutre n’existant que dans le désir de posséder ressenti par les spectateurs. On voit cependant, reflétées sur ces surfaces, des situations violentes, dérangeantes, des interrogations, des fusillades, etc. Des situations en complète contradiction avec les formes des revêtements métalliques parfaits.”
Le reflet et l’ombre sont utilisés pour produire une mise en abîme de la représentation comme dans la série des “Empty Spaces” (1996) ou celle des “Islands” (2000), offrant simultanément à la vision une figure et le dispositif qui en est à l’origine. Civil War de la série “Islands” se révèle par exemple être le résultat de l’ombre portée d’une curieuse nature morte assemblant deux paniers contenant du riz, du pain, une grappe de raisin mais également des œufs et une bouteille de vin posés sur une table en verre dessinant sur le sol les profils de deux soldats casqués.
Dans l’ensemble de son travail, Mac Adams affirme l’artificialité de la représentation : ses photographies ne portent à leur surface que le reflet du monde, et le spectateur n’en perçoit que la doublure. Il met ainsi en évidence la façon dont le sens peut être altéré et contrôlé dans la construction des images. Ce qui paraît évident dans la représentation d’une certaine réalité n’est jamais la réalité elle-même. Ses œuvres forment une sorte de “narration suspendue”, quelque part entre les structures narratives d’Agatha Christie et la rigueur formelle des sculptures d’Anthony Caro.