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Eikoh Hosoe

04 November 2010 - 04 December 2010

Galerie Photo4

www.photo4.fr

4 rue Bonaparte, 6e.

Tel.: +33 01 43 54 23 03

Mº: Saint-Germain-des-Prés.
Ouvert du mardi au samedi de 14h à 19h.
Entrée libre.

© Eikoh Hosoe. Courtesy Galerie photo4

Depuis plus de cinquante ans, le photographe Eikoh Hosoe a créé une œuvre qui démontre une maîtrise unique de la technique photographique. Au début de sa carrière, il a abandonné le style documentaire dominant de l’après-guerre pour une photographie imprégnée d’un sens de l’expérimentation. En faisant appel à la mythologie, à la métaphore et au symbolisme, il a créé des images au-delà des limites de la photographie traditionnelle.
Le style de Hosoe se situe à l’intersection de plusieurs domaines, combinant la photographie avec des éléments du théâtre, de la danse, du cinéma et de l’art traditionnel japonais. La carrière de Hosoe débute à la fin des années 1950 avec la série “Man and Woman” (1959). Grâce à l’écrivain Yukio Mishima, Hosoe rencontre Tatsumi Hijikata, l’un des fondateurs de la danse butô. Ce mouvement révolutionnaire, formé dans les années d’après-guerre, intègre des éléments de l’expressionnisme allemand et de la danse japonaise dans la recherche d’une nouvelle identité sociale. Le spectacle d’une performance d’Hijikata, adaptation du roman Kinjiki de Mishima, est à l’origine d’une collaboration de plusieurs années entre le photographe et le danseur.
En 1961, Mishima invite le photographe à travailler avec lui, une collaboration qui conduit à Barakei (Ordeal by Roses), publié pour la première fois en 1963. Hosoe travaille ensuite avec Hijikata sur la série “Kamaitachi” (1965-1968), une dramatisation intense des souvenirs d’enfance de Hosoe dans la région rurale du Tohoku au nord du Japon, où il a passé les années de guerre. Hijikata incarne le kamaitachi, un démon mythique qui hante les champs de riz. Kamaitachi est peut-être la plus belle illustration du style photographique hybride de Hosoe, alliant performance et documentaire avec une esthétique dramatique et baroque qui incarne les principes du butô ankoku (danse des ténèbres).
Hosoe est une figure unique dans le paysage photographique japonais. Maître du tirage, il n’a jamais cessé d’expérimenter les techniques, argentiques et numériques, pour développer de nouvelles méthodes d’expression photographique. Il a exposé et enseigné à travers le Japon et l’Occident, et sa capacité à combler l’écart entre ces différentes cultures photographiques a contribué à établir une compréhension mutuelle. Il continue jusqu’à ce jour de repousser les limites de l’expression photographique.
Marc Feustel