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Le rituel de la pose - L’Afrique en noir et blanc dans les années 1970

Photographies de Malick Sidibé, Jean Depara, Sébastien Mehinto dit “Pigeon” et Oumar Ly.

01 November 2010 - 27 November 2010

Musée des Arts Derniers

28 rue St-Gilles, 3e.

Tel.: +33 01 44 49 95 70

Mº: Chemin vert ou Saint-Paul
Ouvert du mardi au samedi de 11h à 19h.
Entré libre.

© Malick Sidibé. Courtesy Musée des Arts Derniers

L’exposition entend mettre en lumière des photographes passés, en quelques années, du studio au musée d’Art contemporain.
Dans les années 1950, l’apparition du studio photo établit un lien très solennel entre le photographe et son modèle. La photographie africaine étant avant tout à destination d’un marché local et non d’un regard extérieur, sa particularité est qu’elle révèle avant tout les aspirations du sujet. Elle a peu à peu intégré la recherche de l’esthétisme grâce au travail d’artistes tels que Malick Sidibé, Jurgen Schadeberg ou Jean Depara, et se décline aujourd’hui sur un registre résolument contemporain. D’emblée, ces photographies de studio frappent par la solennité des poses et par le respect mutuel entre le photographe et son modèle. Cette relation s’explique par deux particularités récurrentes chez nombre de photographes africains : – en Afrique, le photographe de studio est un professionnel respecté, au statut social élevé. Il est le gardien de la mémoire visuelle d’une communauté, le garant à la fois de l’identité de l’individu, et de l’évolution de la société urbaine ; – la confrontation rituelle et codifiée entre l’homme et le médium : le photographe est choisi pour ses qualités de médiateur, d’interprète social, d’intercesseur, qui en font plus qu’un habile technicien, un fabricant d’icônes. Malick Sidibé ou Seidou Keita, par exemple, conseillent leurs modèles sur la tenue, le décor, la pose, et discutent longuement avant de prendre le cliché. Leurs chroniques sont celles d’un présent universel : ce sont souvent des visages “masques” qui seront transmis aux générations futures. Ici, pas de spontanéité, mais le rituel de la pose.
Depuis 1957, Malick Sidibé parcourt Bamako sur sa bicyclette, de surprise-parties en bals de fi n d’année. Il immortalise ainsi le Bamako “yéyé”, la jeunesse malienne des années de l’indépendance. Jean Depara débute la photographie en 1950. Il installe son studio, Jean Whisky Depara, à Kinshasa. Il y travaille jusqu’en 1956. Il a également réalisé beaucoup de photographies la nuit. Sébastien Mehinto est l’auteur de plusieurs séries portant sur le vodoun, les manifestations privées ou les photos de studio. Oumar Ly a réalisé une “galerie- photo” de la population, amassant plus de cinq mille clichés sur une période de plus de quarante ans.